Tout savoir sur le tabac chauffé

Pour assainir l’image de l’entreprise du tabac, une nouvelle catégorie de cigarette « bienveillante » a été lancée sur le marché depuis 2016.  Commercialisé par les grands noms de l’industrie comme Philip Morris International, British American Tobacco ou encore Japan Tobacco, ce produit baptisé « tabac chauffé » est un dispositif assez similaire à la cigarette électronique, traduit par un matériel électronique composé d’une batterie et d’une pièce chauffante. Cependant, son principe actif se base sur du vrai tabac (des feuilles de tabacs moulées), qui, au lieu d’être brûlé sera chauffé à une température entre 250°C et 350°C.

Suivant les explications de certains fabricants, il s’agit d’un matériel qui réduit considérablement les risques inhérents au tabac par rapport au tabac fumé dans le sens où la combustion est limitée. Ceci dit, cette température doit être suffisamment élevée pour libérer la nicotine.

Dans cette course à peine voilée contre les cigarettes électroniques, les sociétés qui font la campagne du dispositif prônent ainsi une découverte censée épargner les fumeurs. Cependant, les observateurs scientifiques décèlent quelques malus au niveau des substances qu’il libère à savoir des produits toxiques tels que l’acroléine, le formaldéhyde, la nitrosamine et autres matières cancérigènessoit les mêmes éléments  qui ternissent le marché du tabac depuis les années 50.

Jusqu’à lors, les autorités responsables de la santé publique n’ont pas émis de commentaires sur le tabac chauffé, pourtant le dispositif semble battre des records de vente depuis sa commercialisation sur le marché américain, japonais et européen. Reste à savoir si l’influence des grandes entreprises qui la soutiennent parviendra à le rendre viable face à une politique sanitaire de plus en plus stricte concernant le tabac.

Si vous avez entendu parler du tabac chauffé mais que vous ne savez pas de quoi il en retourne, nous vous invitons  à suivre ce petit article consacré à ses caractéristiques et son fonctionnement.

LE TABAC CHAUFFE, C’EST QUOI ?

Mise en difficulté par les cigarettes électroniques durant ces dernières années, l’industrie de la cigarette penche aujourd’hui sur un produit «soucieux de la santé de ses clients » via le tabac chauffé. Comme son nom l’indique, ce produit prône une nouvelle technique de traitement du tabac en avançant la solution de chauffe (déjà exploitée par la vape) pour limiter les conséquences néfastes de la fumée.

En profondeur, la nouvelle marchandise que Philip Morris International veut nous vendre fonctionne à partir d’un petit matériel (étonnamment similaire à une e-cig) qui contiendrait une gousse de tabac chauffée à une température moins agressive que celle de la cigarette fumée, qui rappelons-le est brûlée à plus de 800°C.

Dans cette perspective, deux solutions sont proposées. La première consiste à chauffer le tabac compressé sous forme de cigarette via une lamelle (résistance) à 250/350°C pour libérer la nicotine et des arômes (accessoirement). La seconde, qui utilise un système en capsule, consiste à exposer le tabac à un flux d’air chauffé à la même température pour offrir un rendu sans fumée.

LES COMPOSANTES D’UN TABAC CHAUFFE

Si la cigarette électronique a proposé une solution totalement indépendante du tabac, le tabac chauffé présente un système moins révolutionnaire.

En effet, le tabac chauffé est composé d’un tabac « reconstitué » à savoir des feuilles issues de poudre de tabac qui seront compressées sous la forme d’une cigarette. Ensuite, quelques additifs tels que l’éthanol, les arômes et notamment les propylènes glycol et glycérine végétale seront ajoutés à la formule.

LE TABAC CHAUFFE EST-IL DANGEREUX POUR LA SANTE ?

Le manque d’informations concernant la qualité de fabrication et le traitement du tabac utilisé dans ce nouveau dispositif ne nous permettent pas de juger le degré de toxicité du tabac chauffé. Ceci étant, l’élimination du facteur combustible réduit généralement les risques d’inhalation de substance toxique (provoqués par la fumée).

Pour leur part, les industriels du tabac prônent une meilleure sécurité en censurant les éléments les plus dangereux d’une cigarette à savoir le monoxyde de carbone, le goudron, les hydrocarbures, etc…

Dans le même ordre d’idée, BAT France affirme que le vaporisateur Glo était à 90-95% moins toxique qu’une cigarette traditionnelle.

Cependant, ces informations sont loin de constituer une véritable sécurité aux utilisateurs du tabac chauffé. D’après les études de certains chercheurs suisses, d’autres substances inquiétantes restent présentes dans les dispositifs de l’IQOS. Selon la recherche, 82% d’acroléine, 74% de formaldéhyde et 50% de benzaldéhyde sont dégagés du matériel.

UNE SOLUTION QUI ATTIRE MALGRE SES DEFAUTS

Ces différentes conclusions concernant le profil toxicologique du tabac chauffé ne semblent impacter sur le marketing des grandes entreprises qui les prodiguent. En 2017, l’IQOS de Philip Morris a réussi à accaparer 17% du marché du tabac japonais.

D’autre part, son rythme d’adoption casse tous les records de sorte que 3,7 millions de fumeurs ont décidé d’arrêter la cigarette pour passer au tabac chauffé dans la même année.

Devant cette croissance assez paradoxale, l’entreprise américaine a placé la barre très haute en misant sur une adoption de l’IQOS par 40 millions de fumeurs de cigarettes PM d’ici 2025.

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