Vape Tour : le Japon, la cigarette électronique au pays du Soleil Levant

Bien qu’il fasse partie des pays les plus réglementaires et les plus scrupuleux en termes de santé publique, le Japon s’est rangé du côté des systèmes ouverts pour les produits du vapotage. Grand consommateur du dispositif, le pays du soleil levant est un grand client de l’industrie depuis 2007, séduit par le potentiel de l’appareil comme substitut à la cigarette traditionnelle.

Aujourd’hui, l’écosystème de la cigarette électronique au Japon accumule des milliers de vapoteurs mais aussi une poignée de constructeurs de pièces de qualité qui sont destinées à la consommation locale et à l’exportation. Ceci étant, la courbe d’adoption du vaporisateur personnel stagne depuis quelques mois au profit du nouveau système de tabac chauffé, une nouvelle technologie similaire à la cigarette électronique qui exploite un véritable tabac exposé à un souffle de vent chaud produisant de la vapeur.

LA VAPOTAGE ET LE JAPON, UNE HISTOIRE QUI DURE DEPUIS 10 ANS

Contrairement à certains gouvernements du monde qui hésitent, voire suspectent complètement les produits du vapotage comme une passerelle pour le tabagisme, les autorités nippones se sont retenues de juger l’appareil révolutionnaire en vue d’analyser le potentiel de sevrage du substitut nicotinique.

En 2007, l’e-cig ou « Denshi Tabako » s’est donc frayée un chemin sur le marché japonais en tant que dispositif de sevrage. Depuis son impact sur la société de consommation n’a cessé de croitre devant une population surexposée au tabagisme.

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a notamment rapporté une prévalence de 21.7% en 2015, classant le Japon comme le 60ème pays qui consomme plus des produits du tabac, une situation que le gouvernement a décidé de renverser en ouvrant le marché aux alternatives comme la cigarette électronique.

En 2017, le tabagisme traditionnel a finalement connu une baisse de 20% au profit du vapotage malgré l’absence d’un rapport officiel concernant la corrélation des deux éléments. En outre, certains chiffres sur l’adhésion exponentielle des Japonais aux différents produits du vapotage ou autres produits similaires comme le tabac chauffé témoignent de l’intérêt du pays aux solutions subtiles pour enrayer la machine de la cigarette traditionnelle.

En l’occurrence, plus de 20 variétés de cigarettes électroniques sont aujourd’hui commercialisées dans les supermarchés, les pharmacies et autres points de vente spécialisés avec une nette domination du modèle Mismo, une marque de cigarette japonaise dont les cartouches les arômes sont produits exclusivement sur le territoire.

LA REGLEMENTATION DE LA CIGARETTE ELECTRONIQUE AU JAPON

Bien qu’il n’existe pas de régime spécifique cernant l’industrie et l’exploitation de la cigarette électronique sur le sol japonais, les législateurs et institutions politiques locaux ont posé quelques balises concernant l’utilisation du produit sur leur sol.

A cet effet, tout vapoteur qui aspire à souffler du nuage à Tokyo, Kyoto et autres grandes villes de l’archipel doit prendre en compte quelques mesures restrictives, étant donné que certaines lois extensives du régime de santé publique imposent ce régime.

L’achat, la vente et l’utilisation de la cigarette électronique, des arômes et autres accessoires destinés au vapotage sont autorisés mais à quelques réserves près. D’une part, le commerce est strictement réservé aux professionnels de l’industrie locale disposant de droits d’exploitation émanant des autorités au même titre que la cigarette.

Par ailleurs, les Japonais sont très méticuleux concernant l’origine des produits du vapotage qui circulent sur son marché, c’est pourquoi, la majeure partie des e-cigs et arômes produits en Chine (premier producteur mondial) est censurée dans ses murs.

D’autre part, l’utilisation de la cigarette électronique est affiliée au régime qui cerne la cigarette. La loi n° 133-2004 du pays sur la promotion de la santé introduit notamment la vapeur comme une « génération de fumée » qui peut affecter la santé des autres dans son article 25-4. Dans cette perspective, les endroits susceptibles d’exposer la population japonaise à un tabagisme passif et dans une large mesure, un vapotage passif sont interdits pour les cigarettes électroniques.

LA MARCHE DU VAPOTAGE FLECHIT AU PROFIT DU TABAC CHAUFFE

Le Japon ne laisse passer aucune opportunité d’exploiter de nouvelles technologies pour le bien de son industrie mais aussi pour le bien de son peuple. Après 10 années de côtoiement entre les Japonais et la cigarette électronique, l’avènement d’une autre génération de substitut nicotinique définie par le « tabac chauffé » semble avoir écarté le concept de l’e-liquide chauffé et vaporisé.

En 2017, l’intérêt des Japonais pour les alternatives à la vape s’est largement multiplié après la promotion du tabac chauffé dans les médias sociaux. En seulement deux ans, l’e-cig a ainsi perdu une grande part de sa notoriété face à la nouvelle génération de substitut, à l’instar de l’IQOS de Phillip Morris.

Présenté comme l’ultime moyen de se sevrer rapidement et efficacement du tabac, ce petit appareil dont le fonctionnement se base sur la chauffe (et non la combustion) de la  tige d’une cigarette mouillée, a concrètement explosé dans les sondages.

En somme, près de 18.8% des fumeurs qui aspirent à quitter définitivement le tabac et la cigarette traditionnelle ont plébiscité l’IQOS pour leur mener à la victoire. Derrière cet engouement, la vente du produit a augmenté de 11.9% en 2017 contre 3% pour 2016, à croire que les Japonais ont décidé d’accorder leur confiance à un produit électronique extérieur pour les libérer d’une addiction au tabac.

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