Etats-Unis : Trump renonce à interdire les e-Liquides aromatisés
Alors que la communauté du vapotage attendait sagement la sentence de Donald Trump concernant l’interdiction des e-Liquides aromatisés à la suite des épidémies de septembre, il semblerait que le Président ait changé d’avis en renonçant à sa décision initiale, et ce, pour des raisons politiques ! Les médias américains ont incité le locataire de la Maison Blanche à mesurer sa future décision pour préserver des voix. En l’occurrence, les proches de Trump affirment que la censure de ces produits, plébiscités par des millions d’Américains, entacherait sa notoriété en vue des élections de 2020. La pression des certains industriels du secteur serait également à l’origine de ce revirement. Comme le rapporte le New York Times, des partenaires de Donald Trump « travaillant pour l’industrie du vapotage » l’auraient mis en demeure de cesser toute collaboration en cas de censure des e-liquides aromatisés. Au cours de la semaine du 11 novembre, le futur candidat a finalement opté pour la solution consensuelle, en annonçant sur Twitter son ambition de « rencontrer les représentants de l’industrie du vapotage » afin de trouver « une solution acceptable pour tous ».
UNE VOLTE-FACE INESPEREE POUR LES VAPOTEURS AMERICAINS
La guerre contre la cigarette électronique avait été décrétée par Donald Trump le 11 septembre. Alarmé par la recrudescence des jeunes vapoteurs sur le territoire américain, le Président, entouré de son secrétaire aux services de santé et sociaux ainsi que le représentant de la Food and Drug Administration et sa femme Melania avaient notamment annoncé « qu’ils ne peuvent pas permettre aux gens de tomber malade » après avoir reçu le rapport d’enquête sur l’épidémie du vapotage. Dans cette perspective, une décision de mettre en place une stratégie d’éradication des produits suspects, à savoir les cigarettes électroniques aromatisées, est ressortie du bureau ovale. Cette annonce foudroyante pour les fabricants tels que Juul (leader du marché aux Etats-Unis) n’a pas attendue longtemps pour engager certains états fédéraux à poser les premières pierres d’une base légale interdisant la vente des arômes mentholés, bonbon etc… De son côté, la FDA, l’adversaire principal de l’industrie de la Vape aux Etats-Unis s’est démené pour finaliser un plan de censure totale des cigarettes électroniques aromatisées.
Alors que la situation semblait irréversible, Trump a finalement opté pour une issue plus ou moins consensuelle en refusant de signer un « mémo de décision » qui allait sceller l’affaire. En profondeur, il a déclaré qu’il ne voulait pas poursuivre vers cette interdiction en raison des impacts négatifs que cela engendrerait sur le marché de l’emploi. Le 11 novembre, il a confirmé cette nouvelle prise de position en postant un message plus ou moins sympathique à l’égard de la communauté du vapotage : « Nous rencontrerons des représentants de l’industrie de la Vape, ainsi que des professionnels de la santé et des représentants de différents états, afin de proposer une solution acceptable au dilemme Vaping et E-cigarette. La santé et la sécurité des enfants, ainsi que les emplois, seront au centre des préoccupations! », a-t-il déclaré. Notons au passage que des vagues de protestations de nombreuses contrées américaines avaient été enregistrées suite à son annonce initiale. Sur certaines banderoles, les manifestants avaient inscrit « Je Vape, Je vote ! »… un message que le président ne pouvait ignorer pour espérer une réélection en 2020. En somme, la volte-face de Trump répond à un besoin politique urgent. Ce changement de camp inopiné n’est pourtant pas une surprise pour les observateurs politiques. Le Washington Post souligne : « Comme il l'avait déjà fait tant de fois auparavant, Trump a inversé la tendance […] C’était le dernier exemple de la manière chaotique dont la politique est élaborée - et parfois non définie - dans une Maison Blanche où le décideur ultime change souvent de sujet après avoir fait un vœu controversé, qu’il s’agisse de lutter contre la violence armée, de retirer des troupes de Syrie ou de promettre de livrer un « Obamacare ».
DES MESURES MOINS CONTRAIGNANTES EN PERSPECTIVE
La marge de manœuvre de Donald Trump reste serrée dans cette dernière ligne droite aboutissant aux présidentielles. Malmené dans les sondages, sa cote ne cesse de tomber, chaque faux pas risque d’enterrer chroniquement sa notoriété. Après avoir convenu de rencontrer les représentants de l’industrie du vapotage, Donald Trump doit aujourd’hui faire face aux conséquences de sa promesse… car il y en a eu ! Effectivement, son secrétaire aux Services de santé et aux services sociaux, Alex Azar avait fait écho de son projet d’interdiction quelques jours seulement après la réunion dans le bureau ovale, ce qui a mené certaines entreprises telles que Juul à annoncer la suspension des ventes de cigarettes électroniques mentholées. Plus récemment, Trump a invité les responsables de la Santé ainsi que des dirigeants d’entreprise du vapotage à proposer des solutions consensuelles en vue d’épargner les jeunes de la consommation de cigarettes électroniques tout en maintenant un certain équilibre au marché. Durant la rencontre, il a évoqué les risques inhérents à l’interdiction, à l’instar des approvisionnements illicites. « Si vous ne leur donnez pas, il va venir ici illégalement »; explique-t-il pour répondre aux doléances des défenseurs de la santé publique. Au final, Trump s’est fixé sur une mesure assez neutre, consistant à élever l’âge d’accès au tabac à 21 ans, une décision qu’il avait déjà annoncée dans une déclaration antérieure. Pour le reste, le débat entre l’école pro/anti-vapotage reste ouvert et ne bougera certainement pas de ce stade avant les nouvelles élections. Grâce à cette nouvelle position, Trump a pu échapper à une nouvelle crise qui pouvait lui coûter des milliers, voire des millions de voix. En répondant à sa déclaration sur Twitter, les commentateurs semblaient pourtant dispersés sur sa stratégie. Alors que certains le félicitaient de sa bienveillance pour l’industrie de la cigarette électronique, d’autres décrient une simple manipulation.
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