Retour sur le Sommet de la Vape 2019
Touchant le secteur économique, technologique et sanitaire à la fois, l’écosystème du vapotage est loin d’être limité au cercle commercial. Depuis sa démocratisation en France au début des années 2010, la cigarette électronique est devenue un centre de débat récurrent, que ce soit au niveau des organismes de santé ou des groupements politiques. Présenté comme une alternative à la cigarette (un substitut nicotinique) pour certains et comme un simple produit du tabac pour d’autres, le vapotage et son environnement méritent donc une attention particulière. Pour leur part, les consommateurs et observateurs du produit en France se sont engagés à surveiller et à approfondir ce milieu vapologique en mettant en œuvre des conférences telles que les Sommets de la Vape. Il s’agit notamment d’une rencontre orchestrée par un organisme créé à cet effet, baptisé SO'VAPE ralliant des professionnels du secteur (scientifiques, entrepreneurs, sociétés, consultants, responsables politiques etc…) autour d’une grande table pour discuter des points tranchants de l’industrie.
Dans cette perspective, le Sommet de la Vape de 2019 du 14 octobre dernier a abordé des questions essentielles tournant autour du rôle de la cigarette électronique en tant que substitut nicotinique… ainsi que des risques qu’elle engendre au niveau de la société (tabagisme passif, incitation des jeunes). Mené par des éminents personnages du monde de la science tels que le Pr Benoît Vallet, conseiller maître à la Cour des comptes et ex Directeur Générale de la Santé ; Jacques le Houezec, tabacologue et professeur à l’Université de Nottingham ; Stanislas Spilka de l’Observatoire des Drogues et des Toxicomanies et bien d’autres participants de renommée internationale, le sommet s’est déroulé dans un esprit objectif et bienveillant avec des animations ultra-professionnelles.
LE GRAND DEBAT SUR L’EFFICACITE DE LA CIGARETTE ELECTRONIQUE REVIENT SUR LA TABLE
Plébiscitée par des milliers de fumeurs pour sa capacité à fournir un aérosol recelant de la nicotine, la cigarette électronique est sans nul doute le substitut nicotinique le plus utilisé en France (aux dépens de patchs et des alternatives médicamenteuses ou autres thérapies). Cependant, les statistiques semblent floues lorsqu’il s’agit de révéler la proportion réelle de réussite de la cigarette électronique en tant que dispositif de sevrage. Durant le dernier sommet de la vape, l’objectif des organisateurs se concentrait ainsi sur une pensée particulière, celle de « changer les regards sur la vape ». En effet, l’absence de données sur l’usage et les effets du vapotage entraîne de nombreuses polémiques que le sommet veut à tout prix supprimer via des discussions objectives et approfondies. Aussi, le premier sujet débattu par les participants portait essentiellement sur le niveau de communication actuel de l’industrie du vapotage au grand public, en passant par les normes, la réglementation, la considération des analyses etc… Ouvert à 8h30 et chapeauté par Jacques le Houezec, cette thématique s’est ainsi focalisée sur le « niveau de réduction des risques à l’échelon individuel pour le fumeur qui passe à la vape ». Dans cette perspective, on a pu découvrir les lacunes béantes de la communication. A titre d’exemple, il a été révélé que 80% des gens (vapoteurs ou pas) croient au potentiel cancérigène de la nicotine, ce qui est loin d’être véridique. Parallèlement, cette thématique sur la réduction des risques à l’avantage du vapotage s’est soldée sur un résumé de la situation actuelle. Comme indique le Dr Dautzenberg : « Depuis 2012, le tabac a tué 525 000 fumeurs en France, la vape aucun à ma connaissance ». En outre, le débat ne se résume pas à ces simples statistiques, car les questions d’efficacité des normes, des émissions, des études mitigées ont été traitées de façon méthodique et objective afin d’optimiser cette recette gagnante de la cigarette électronique.
QUELS RISQUES AU NIVEAU COLLECTIF ?
L’incitation au tabagisme fait partie des grandes préoccupations des responsables de la santé publique en France, aussi, le sommet de la vape 2019 s’est empressé d’inclure cette thématique dans son ordre du jour. « La crainte d’une renormalisation du tabagisme est-elle confirmée par les données épidémiologiques ? Au cœur des préoccupations, la vape renvoie-t-elle les jeunes vers le tabagisme ? »… telles sont les principaux sujets qui ont été développés dans la seconde partie du sommet avec la participation du : - Dr Leonie Brose de la King’s College London (et auteur du rapport sur le vapotage publié sur le Public Health England) - Pr David Levy, professeur à l’université de Georgetown (USA) et spécialiste dans l’évaluation des consommations de tabac et de vapotage -Stanislas Spilka, responsable des enquêtes et des analyses statistiques à l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies -Viet Nguyen Thanh, de Santé Publique France. Entre autres, le potentiel du vapotage à provoquer la dépendance tabagique chez les jeunes a été débattu de long en large, en se basant sur les statistiques rapportées par l’OFDT portant sur les contacts des jeunes enfants (de l’école primaire au collège) avec les cigarettes électroniques. En dehors de la France, cette question d’incitation des jeunes est également étudiée par de nombreux observateurs politiques. Aux Etats-Unis, Donald Trump a récemment évoqué les « hypothétiques » dangers liés aux cigarettes électroniques et des arômes, avant de solliciter son gouvernement à prendre des mesures adéquates pour réduire voire censurer l’accès des produits à saveurs attractives (arômes bonbons, sucrés, etc…) dans l’ensemble du marché. Cette donnée n’a pas manqué d’inspirer les participants au Sommet de la vape de 2019, cependant l’issue des débats devrait déboucher sur des solutions moins radicales comme l’explique la conclusion du Dr Dautzenberg : « La vape c’est avec des règles et seulement pour les fumeurs et les ex-fumeurs ».
LA VAPE EST UN ALLIE DANS LA LUTTE CONTRE LE TABAGISME
Bien que la TPD ait décidé d’incorporer les produits du vapotage dans la catégorie des produits du tabac, les participants au sommet conviennent qu’il s’agit du « moyen préféré des Français pour arrêter de fumer » et qu’elle constitue « une porte de sortie ». Cette thématique avait d’ailleurs clos le programme du sommet. Par ailleurs, les débats avaient été menés par d’éminents personnages tels que : - le Dr Marion Adler, Tabacologue - Brice Lepoutre, ex président de AIDUCE - Marion Mourgues, coordinatrice du « mois sans tabac » en Occitanie - Nelly D’Elia, co-fondatrice de Cigaverte En profondeur, la discussion modérée par le Dr William Lowenstein (spécialiste des addictions) était focalisée sur la recherche de solutions efficaces pour optimiser la mission de sevrage de la cigarette électronique.
RESUME
Au final, le sommet de la vape 2019 s’est déroulé dans une ambiance très professionnelle durant laquelle de nombreux constats et décisions ont pu émerger. Notons que cette rencontre du 14 octobre dernier constituait la troisième édition de la So'Vape que l’on pourra interpréter comme une prise de conscience raisonnable de la part des vapoteurs, des observateurs et des responsables de la santé publique. En effet, le sommet de la Vape est une initiative solidaire qui aspire à une exploitation responsable de la cigarette électronique en France. D’ailleurs, le sommet a pris de l’ampleur depuis 2016, date du premier évènement, et pourrait prendre une envergure internationale sachant que les questions sur le tabagisme, la nicotine et les substituts nicotiniques concernent les peuples du monde entier. En ce qui concerne l’édition d’octobre 2019, le rapport du sommet servira de base sérieuse pour toute prise de décision de la part du gouvernement. Pour l’heure, le système affiche un visage ouvert en donnant une chance au dispositif, mais reste attentif aux évolutions des rapports. Pour leur part, les participants au sommet ont la lourde responsabilité de statuer sur l’avenir du vapotage en France, et ce, en posant un regard objectif à l’écosystème.
Histoire
Made in France
Recyclage